Des livres
Publié le 03/09/2009 à 18:27 par mico

Je viens de terminer ce livre de Christiane Ferrovecchio qui raconte à ses fils qui doivent avoir près de cinquante ans sont enfance à Djijelli, au quotidien de sa naissance à celle de ses fils. On va de la rue de Picardie à la mairie, on parle des "castes" au milieu de la communauité "pied noirs". C'est facile à lire, cela ne porte pas de jugement, cela raconte la vie.
Publié le 27/12/2008 à 12:00 par mico
On m'a offert pour Noël un bouquin qui montre l'Algérie dans les années 1920 au travers de cartes postales de l'époque.
Edité par HC Editions (http://www.hc-editions.com), il coûte aux alentours de 30 €.
On y trouve quelques cartes de la région de JIjel dont deux d'El Milia que je mettrais en ligne dans quelques jours.
Publié le 15/03/2008 à 12:00 par mico
A l'occasion du Bicentenaire de l'Emir Abdelkader les éditions Michalon éditent un livre de Martine Le Coz.
Le Jardin d'Orient
L'auteur remercie ceux qui ont contribué à la réalisation de cet ouvrage et en particulier l'Institut Emir Abdelkader dont le Vice Président est notre ami Mounir Titah.
Publié le 20/01/2008 à 12:00 par mico
M. ZIANE-KHODJA : Comme d’habitude. Vous voilà aux « Poésiades » ?
YOUCEF SEBTI : Je crois qu’il y a là une tradition qu’il y a lieu de préserver. Le festival est à sa 4e édition, et c’est tout à fait intéressant de ne pas le laisser tomber. D’autant qu’il y a de la part de ses organisateurs (Association Culturelle « Soummam ») une volonté de faire que l’ « unité » et la « différence » s’y manifestent de façon tolérante et décontractée.
-Mais, enfin, ce festival a-t-il quelque chose de particulier ?
-Il s’est déroulé dans une situation un peu particulière (un mois après l’assassinat du président Boudiaf,NLDR), et c’est un peu là sa gageure. Comparativement à ce que j’ai vécu en 1989, il y a comme des politesses que l’on s’est faites cette fois-ci. En 1989, les frictions fraternellement poétiques étaient plus fréquentes. Peut-être que l’ambiance d’aujourd’hui a quelque chose à y voire.
-Et les activités ?
-Beaucoup de poèmes ont été lus. Surtout en kabyle, puis en français. Je ne sais pas si la qualité y est fortement présente, mais il est sûr qu’il y a une volonté de dire quelque chose. Des conférences ont été également données.
-La poésie d’une façon générale ?
-C’est l’ultime créneau que l’on peut atteindre dans la culture, et dans l’art. C’est ce qui vient en final d’un long processus d’ « unités » et de « différences ».
-La société, pourtant, est de moins en moins réceptive au message poétique ?
-Il doit y avoir un public de jeunes porté par toutes ses attentes non réalisées, la mal-vie. Ils y trouvent sans doute, en y accédant, quelques réponses à quelques difficultés d’être. Mais, enfin, l’édition de la poésie pose problème.
-En ce qui vous concerne, la poésie n’est pas votre seule préoccupation ?
-Quand on a plusieurs cordes à son arc, il y a de quoi vous enrichir. J’enseigne, par exemple, la sociologie rurale ; et j’ai comme un plaisir à découvrir –ici et là- ce qui est constitutif chez certains groupes sociaux, autres que le mien. La société rurale est en proie à sa part de crise actuelle. Quant au plan matériel, ses ressources posent problème. Restent alors ses réserves culturelles, par lesquelles elle se trouverait des ressorts moins rouillés. De la sorte, j’ai une propension à macérer continuellement dans le jus de la question culturelle.
-Qu’est-ce à dire ?
-Je crois que dans le chamboulement actuel, l’aspect culturel – je veux dire l’aspect savoir ou connaissance- a quelque chose de primordial sur le reste. En un certain sens, le regard que l’on a sur soi, a quelque chose d’assez déterminant. Qu’à cela ne tienne, il faut naviguer à vue, avec ce que l’on a. Et ce n’est jamais assez pour échapper aux bruits et à la fureur de la houle.
-Vous êtes qui ?
-J’enseigne la sociologie rurale à l’Institut National Agronomique d’El-Harrach. J’ai une formation en agronomie et en sociologie rurale. Je taquine ma muse, et je n’ai publié qu’un seul livre (de toute jeunesse, il est vrai !). Pour le reste, j’ai des articles autour de telle ou telle autre préoccupation qu’il me faudrait réunir. J’ai également sorti des nouvelles qu’il y aurait lieu de rassembler. Nous croyions que la libéralisation allait permettre beaucoup de choses. Mais, ce sont ceux qui ont tiré profit de l’ancien système qui s’en sortiront dans le prochain.
Mohamed ZIANE-KHODJA
*Article paru dans
- DISENSO, revue canarienne d’analyse et d’opinion, février 1996.
- ASMA, revue Ayda Toulouse, septembre 1996.
- POESIA, revue de poésie et de théorie poétique de l’Université de Carabobo –Venezuela, septembre 1998.
- LE JEUNE INDÉPENDANT, quotidien national d’information – Algérie, février 1999.
Publié le 20/01/2008 à 12:00 par mico

Hommage à un enfant d'El Milia disparu tragiquement
On le dit souvent –même après sa mort- versatile, déconcertant, insaisissable, qu’il manquait d’engagement. Mais ne voilà-t-il pas qu’on lui reconnaît par-là même, dans le sens où il était indomptable, une certaine liberté d’esprit ? Youcef Sebti, poète quand même frondeur, et partant provocateur, aimait aller en amont des « idées reçues » . C’est aussi celui qu’on avait applaudi à tout rompre, en juillet 1989 à Béjaïa, lors des premières « Poésiades », après sa brillante intervention sur la politique des langues étrangères en Algérie. D’autant plus que c’était une période de débats passionnés et délibérément entretenus par les arrières gardistes du système, se sentant compromis avec l’avènement d’un semblant d’ouverture, après les émeutes d’octobre 1988, autour de la arabisation sur un fond purement démagogique. N’empêche que, trois ans plus tard, il qualifia ceux qui écrivent en français de « masochistes » (lui-même écrivait aussi dans cette langue).
Cela va sans dire la mésintelligence, sur le plan intellectuel s’entend, qui en est résultée entre lui et ses confrères de la plume. Décidément, il n’arrêtait pas, à chacune de ses conférences ou interviews, et en parfait dialecticien, de monter d’un cran dans la subtilité de sa vision des choses. Subjuguant ou décevant son auditoire, il lui aura, en tout cas, dit le fond de sa pensée en toute honnêteté. C’est ainsi qu’il déclara durant les quatrième « Poésiades », dans sa communication « L’esthétique coloniale » : « Il faudra bien s’interroger pour savoir pourquoi nous continuons à mettre le soleil dans nos poèmes, et un peu comme à la manière de l’écriture coloniale ? ». Conscient de la portée du thème, il n’avait pas tari d’arguments pour étayer son développement.
Symbolisant cette source de lumières éblouissantes, dans un ciel bleu, et qui darde ses rayons, il se référa aussi à un célèbre peintre qui visita l’Algérie en 1858 qu’à sa propre expérience en Hollande, dans les années 1970. Cela fit tellement l’effet d’une provocation envers tout le monde (vous voudrez bien m’excuser de ne pas citer de noms, pour des raisons évidentes), que la controverse tourna vite en bataille, mais dans la tolérance et la noblesse d’esprit. Tahar Djaout (1), par exemple, qui n’était pas du tout de son avis, me dira en aparté : « Mais il sait se défendre ! »
Le jour d’après, où j’eus l’occasion d’animer un récital, j’interrompis à un moment donné le programme pour inviter successivement Sebti, Djaout et un autre poète, à me rejoindre sur scène. Là Youcef Sebti, plus surprenant que jamais, se saisit du microphone pour prier Tahar Djaout de reprendre le poème qu’il venait de lire, mais cette fois-ci en berbère. Tahar était à la mesure du défi, bien sûr. Quelle belle confrontation !
Il fallait connaître également l’homme qu’il était, pour l’apprécier à sa juste valeur. Et j’ai eu justement cette aubaine de l’avoir côtoyé durant ses « cures de poésie » à Béjaïa. Je le trouvais communicatif, perspicace et plein de naturel à la fois. Un soir de juillet 1992, alors que je luis posai une question : « comment trouvait-il la ville, par rapport au reste du pays déjà commotionné par le terrorisme intégriste », il me répondit avec humour : « C’est une ville humaine ! » Djaout, qui était avec lui, ne put s’empêcher de sourire. Puis, en dînant ensemble, ce fut une discussion à bâton rompu, sur un peu de tout. En parlant de structures sociales et traditionnelles de la Kabylie, il me conseilla de lire aussi la sociologie rurale algérienne, qui est du reste son domaine.
Si Youcef Sebti nous paraissait pugnace, tenace, abscons ou fluctuant dans ses idées, tant elles étaient parfois contradictoires, et que rien au monde ne semblait pouvoir l’en faire démordre, il était néanmoins réceptif à la suggestion. Il parlait aussi de « l’unité et la différence » qui doivent se manifester, ou de croire en un idéal possible. D’autre part, n’était-il pas l’auteur d’un seul recueil de poèmes, « L’Enfer et la Folie » édité en 1981, et dont il précisait à chaque fois : « de première jeunesse » (écrit entre 1963 et 1966) ? Il avait comme un goût délicat de soi-même. Aussi « excentrique » fut-il à nos yeux, il avait le mérite d’avoir toujours su provoquer en nous de profonds questionnements. C’est surtout cela un esprit libre et indépendant, quitte à s’attirer l’incompréhension du public, et partant la médisance acerbe de ses détracteurs. Dès lors, il doit être lavé de toute imputation gratuite. Tout le reste est littérature. Et puis, quelqu’un osera-t-il lui nier ses qualités intellectuelles et morales ? Ses assassins, eux, n’ont pas hésité un seul instant : ils l’avait vite repéré et porté sur la liste noire, comme celle des « irrécupérables » du IIIe Reich.
Sa position politique ? En tout cas, nous nous souvenons tous de sa longue lettre, parue dans « Alger-Républicain » (un journal réputé pour sa ligne anti-intégriste. Était-ce alors un hasard ? Certainement pas : mais bien un choix !), en vibrant hommage au président Boudiaf qu’on venait d’abattre dans le dos.
Enfin, la dernière fois que je devais le voir c’était à Béjaïa, fin juillet 1992. Nous étions convenus de prendre le même train qui partait pour Alger. Il y avait également un autre poète ( j’espère qu’il est toujours en vie), avec qui j’ai partagé la chambre d’hôtel pour nous réveiller ensemble. C’est ainsi que je pus lui « arracher » ces propos (l’interview qui suit). Car très connu pour ses boutades, il ne voulait pas être enregistrer. Mais il accepta quand même la prise de notes. Aujourd’hui encore, quand cela me revient à l’esprit, je me surprends à rire, puis à m’attrister. Sacré Youcef ! Ils ont eu raison de toi, alors que tu avais la tête pleine à craquer d’espoir !
Socrate, accusé de ne pas croire aux dieu de la ville et de « corrompre » la jeunesse, fut condamné à boire la ciguë.
Ses amis lui avait savamment organisé une évasion, mais il refusa gentiment l’offre, jugeant cela contre ses principes. À court d’arguments pour descendre sur le terrain noble des idées, ils ont décidé de sabrer tous ceux qui font preuve d’intelligence. Seulement, ce qu’ils semblent ne pas comprendre, c’est que l’Algérie appartient à « la famille qui avance ». Elle s’écrit avec votre sang, notre sang.
(1)Tahar Djaout (poète, écrivain et journaliste algérien, de renom) était assassiné aussi, un 26 mai 1993
http://www.bouchene.com/l'enfer.htm
Publié le 28/12/2007 à 12:00 par mico
Publié le 28/12/2007 à 12:00 par mico
Publié le 26/12/2007 à 12:00 par mico
ce blog m'a permis de "rencontrer" Claude L'Hélaouet sur internet et d'apprendre qu'il avait écrit un ouvrage qui parle d'El Milia.
Je vous propse dans ce billet une première présentation de cet ouvrage que je complèterai dans les jours à venir.
Présentation
Né le 5 Décembre 1942 a TEXENNA dans la région de Djidjelli, Département de Constantine Claude L'Hélaouët a vécu en Algérie de sa naissance à 1962.
Issu d'une famille modeste il nous permet de découvrir ses " SECRETS D'ENFANCE " sur un ton original et rare chez les auteurs Pieds Noirs.
Il nous narre la vie d'un enfant, lui en l'occurrence, depuis, presque sa naissance, tant ses souvenirs sont précis, jusqu'à l'âge adulte, en passant bien sur par son adolescence.
Parallèlement à sa vie d'enfant il nous décrit sa perception de la vie sociale et politique du pays où il est né. Aucune amertume dans son récit, aucune rancœur, aucun esprit de vengeance. Serait-ce un livre humaniste ? Aux lecteurs de juger. Lui se contente de dire ce qu'il a vécu et comment ses propres expériences, sont ressenties, ses relations avec les membres de toutes les communautés présents dans son Algérie natale ont forgé l'homme qu'il est devenu avec ses forces et ses faiblesses.
L'intérêt de ce livre est que pour la première fois une vie d'enfant nous fait découvrir celle du bled algérien, les souffrances des uns et des autres et les responsabilité s de chacun.
On passe du rire aux larmes, du grave au pathétique, de la légèreté à la misère.
Pas de haine mais vraiment de l'amour des autres et le regret d'avoir vécu un drame qui a abouti à l'exode des pieds noirs.
L'Algérie de Claude L'Hélaouët déborde de bonheur, de lumière, d'odeur, de paysages grandioses, d'amitié et de fraternité. Une utopie ? Et bien pourquoi pas si cette utopie nous écarte de la haine et de l'amertume.
Dans cette période où le monde est en plein bouleversement ces " SECRETS D'ENFANCE " nous apportent un peu de bonheur. Ils nous permettent de revoir un grand nombre d'idées reçues sur la vie des gens dans la campagne algérienne. Avec l'espoir que des deux côtés de cette Méditerranée l'histoire soit revue et corrigée afin que nos enfants regardent devant eux. Ainsi ils s'éloigneront de ce passé sombre, pour marcher vers la lumière.
Au fil des chapitres, l’auteur évoque le pays de son enfance et de son adolescence. Il entraîne son lecteur d'El-Milia à Constantine, de Bellaa à Sétif, en passant par Mezloug, Guellal, Kerrata, Djidjelli et Bougie. Le regard qu'il porte sur les lieux, les hommes et les femmes, les événements qui ont marqué sa jeune vie, est tendre et d'une grande lucidité. On comprend bien, à le lire, les raisons de ses regrets devant le déroulement de l'histoire de l'Algérie. Mais également comment et pourquoi ce que l'on qualifie d' " événements " a façonné une personnalité généreuse et attentive.
Claude L'Hélaouët raconte ses souvenirs d'enfance en Algérie, cinquante ans après dans son dernier livre. Vécus entre 1942 et 1962, ces souvenirs-là ont pourtant gardé aujourd'hui toute leur fraîcheur et innocence, sur fond de décolonisation et de naissance du nouveau monde de l'après-guerre.
Son récit nous est proche car il renvoie tous à nos jeunes années; certes ou nous n'avons pas d'a priori ou de jugement, ni sur le monde qui nous entoure ni sur d'éventuelles différences entre les communautés qui le constituent.
Naître et vivre dans l'Algérie libérée de l'occupation nazie, c'est côtoyer des amis musulmans, juifs et catholiques, sans se poser de questions quant à leurs origines ou à un éventuel destin commun dans une République Française en proie au doute quant à son propre avenir.
Mais le regard lucide de l'auteur sur le déroulement de l'histoire de l'indépendance algérienne apporte aussi des réponses sur l'actualité criante liée aux différents culturels entre l'Occident et l'Orient et même religieux au Proche Orient.
Rencontrer Claude L'Hélaouët autour d'une dédicace à Porquerolles, c'est surtout découvrir une personnalité unique, nourrie de ses origines nord-africaines, mélangées à une vie métropolitaine qui n'a jamais renié l'appartenance à l'esprit du Sud, celui là même qui fait que la tolérance, le partage et le respect sont l'immuable trilogie d'un réel art de vivre.
Un livre d'histoires pour mieux percevoir l'histoire. A lire absolument.
Yan GABRIEL
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Antoine-Jean LEONETTI, professeur à l'Université de Nice Sophia-Antipolis, a aimablement accepté de signer la préface de livre. :
"Il est parfois des souvenirs enfouis de notre enfance que l'on se plaît à raconter tout au long de notre vie, il en est d'autres que l'on ne raconte pas tous les jours.
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Dans cette période où le monde est en plein bouleversement ces « SECRETS D’ENFANCE » nous apportent un peu de bonheur. Ils nous permettent de revoir un grand nombre d’idées reçues sur la vie des gens dans la campagne algérienne. Avec l’espoir que des deux côtés de cette Méditerranée l’histoire soit revue et corrigée afin que nos enfants regardent devant eux. Ainsi ils s’éloigneront de ce passé sombre, pour marcher vers la lumière. INCH’ALLAH.
Voilà pourquoi j’ai voulu écrire ce livre.
Claude L’Hélaouët.
Publié le 28/09/2007 à 12:00 par mico
- Une série (9) de BD historique de Jacques Ferrandez : Carnets d'orient qui raconte l'histoire de l'Algérie de l'époque romaine à l'indépendance.
chez Casterman, préface de Fellag
- L'ennemi intime de Patrick Rotman au Seuil dont est tiré un film qui sort le 3 octobre
- La baie d'Alger de Louis Gardel(né à Alger) au seuil. 18€ il est par ailleurs l'auteur de Fort saganne
Publié le 01/09/2007 à 12:00 par mico
Tout d'abord un excellent livre de Benjamin Stora* sur la guerre d'indépendance et ses conséquences sur l'Algérie et la France jusqu'à nos jours:
- La gangrène et l'Oubli aux Editions de La découverte (13€)
Ensuite un livre de photos édité par Le petit Futé qui réalise par ailleurs un guide touristique sur l'Algérie
- Mon Algérie de Sébastien Cailleux et Khaled Elraz (29€)
*Benjamin Stora est né à Constantine et est actuellement Professeurd'histoire du Maghreb à l'Institut National des langues Orientales